—Que faire, si je suis timide? Je suis sûr qu'il ne t'est pas encore arrivé de rougir depuis que tu es au monde, et moi je rougis à tout instant et pour rien....» Et Neklioudof rougit déjà à la pensée qu'il rougissait facilement.
«Savez-vous d'où vient votre timidité, mon cher? dit Doubkof d'un ton protecteur; d'un excès d'amour-propre!
—Où prends-tu cet excès d'amour-propre? répondit Neklioudof, piqué au vif.—Au contraire, si je suis réservé, c'est parce que j'ai peu d'amour-propre; il me semble toujours qu'avec moi on doit s'ennuyer ... voilà pourquoi souvent je parais....
—Habille-toi donc, Volodia,» s'écria Doubkof; et, le prenant par les épaules, il lui enleva son veston.... «Ignat!... les habits de monsieur....
—Voilà pourquoi, souvent, je parais....»
Mais Doubkof ne l'écoutait plus. «Tra la, la,... tra ... la,... la,... la,... répétait-il en chantant.
—Non, tu ne te débarrasseras pas si facilement de moi, poursuivit Neklioudof: je te prouverai que ma timidité ne vient pas de l'amour-propre.
—Tu me le prouveras en venant avec nous au théâtre.
—J'ai déjà dit que je n'irai pas!...
—Alors, reste ici et fais ta démonstration au diplomate.... Quand nous rentrerons, il nous donnera tes conclusions....