—Qu'est-ce que c'est, mon ami?
—Je prends Karl Ivanovitch avec les enfants. Il y a une place pour lui dans la britchka. Les enfants sont habitués à lui, et il me semble qu'il leur est véritablement attaché. Après tout 700 roubles ne sont pas une affaire ... et puis, au fond, c'est un très bon diable.»
Je ne compris pas du tout pourquoi papa appelait Karl Ivanovitch «un diable».
«J'en suis très contente! s'écria maman, pour les enfants et pour lui, car c'est un excellent vieillard.
—Si tu avais vu comme il a été touché quand je lui ai dit de considérer les cinq cents roubles comme un cadeau! Mais le plus amusant, c'est le compte qu'il m'a présenté. Il mérite d'être examiné, ajouta-t-il avec un sourire, en donnant à maman la note écrite de la main de Karl Ivanovitch; ça vaut son pesant d'or.»
Voici la teneur de ce compte:
«Acheté pour les enfants deux lignes pour la pêche, du papier de couleur, une bordure d'or, de la colle d'amidon, pour faire une boîte donnée en cadeau aux enfants,—six roubles, cinquante-cinq copecks.
«Un pantalon donné à Nicolas,—quatre roubles.
«Monsieur m'a promis, à Moscou, une montre en or de cent quarante roubles.
«Karl Mauer a donc à recevoir, outre ses gages, cent cinquante-neuf roubles et soixante-dix-neuf copecks.»