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C'est ainsi que, grâce au cardinal Ricottino qui avait été nonce à Paris, Macarée obtint une audience du pape.

Elle se rendit au Vatican, vêtue de sa belle robe armoriée. Le baron des Ygrées, en redingote, l'accompagnait. Il admira beaucoup la tenue des gardes-nobles, et les Suisses mercenaires, enclins aux soûleries et aux mutineries, lui parurent de beaux diables. Il trouva l'occasion de parler à l'oreille de sa femme d'un de ses aïeux cardinal sous Louis XIII...

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Les deux époux rentrèrent à l'hôtel fort émus et comme confits par la bénédiction papale. Ils se déshabillèrent chastement, et dans le lit, ils parlèrent longtemps du pontife, tête blanchie de la vieille Église, neige que les catholiques pensent éternelle, lys en serre.

—Ma femme, dit pour finir François des Ygrées, je vous estime en vous adorant et j'aimerai de tout mon cœur l'enfant que le pape a béni. Qu'il vienne donc l'enfant bénit, mais je désire qu'il naisse en France.

—François, dit Macarée, je ne connais pas encore Monté-Carle, allons-y! Il ne faut pas que je perde la boule. Nous ne sommes pas millionnaires. Je suis certaine que j'aurai du succès à Monte-Carlo.

—Tubleu! Morbleu! Têtebleu! sacra François, Macarée vous me faites voir rouge.

—Aïe, cria Macarée, tu m'as donné un coup de pied, maq...

—Je vois avec plaisir Macarée, dit spirituellement François des Ygrées, qui se ressaisissait vite, que vous n'oubliez pas que je suis votre mari.