—L'Aventure de ce Château.
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À ce moment, la fille du roi, avertie par une suivante de la venue du Chevalier Merveilleux, vint à la fenêtre et pensa défaillir à la vue du paladin. La suivante dut soutenir sa maîtresse et lui taper dans les mains, et en se remettant, la princesse regarda encore le Chevalier d'Airain, sans pouvoir en croire ses yeux. Tout à coup elle s'échappa, mince et légère comme une abeille, et fut trouver le roi. Georges IX, dit en Angleterre le Sonneux, parce que son visage était couvert de taches de rousseur comme si on l'avait trempé dans un sac de son, et appelé dans les pays de langue française le Breneux, par suite d'un détestable jeu de mots sur bran, qui signifie son en anglais, fut mis par sa fille au courant de l'arrivée du Merveilleux Chevalier d'Airain Étincelant et Magnifique. Le roi sourit, en disant que c'était sans doute quelque prestidigitateur qui demandait à faire des tours au château et qu'il n'avait pas à s'en occuper personnellement. Mais la princesse insista pour que son père fît monter le Chevalier.
Pour contenter sa fille, Georges IX céda. Il sonna et ordonna qu'on amenât le bouffon.
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Le Chevalier du Papegaut fut introduit auprès du roi, qui était assis dans un bon vieux fauteuil, les jambes croisées. À sa vue, Georges IX, ébloui, se leva et demanda:
«N'êtes-vous pas le bouffon?»
Le Chevalier du Papegaut, l'air froissé, répondit:
«Je suis votre roi.»
Georges IX se prépara à boxer, mais la princesse sa fille s'avança, cambrée, un poing sur la hanche, vers le Chevalier en disant: