Ils passèrent au moins huit jours à Rosendael
Il goûtait l'idéal elle aimait le réel
En toutes choses d'elle il était différent
Par conséquent ce fut bien l'amour qu'ils connurent

Je vous signale ces deux derniers vers, bien que rimant richement, ils contiennent une dissonance qui fait contraster délicatement le son plein des rimes masculines avec la morbidesse des féminines.

—Cher maître, repris-je plus haut, parlez-moi du vers libre.

—Vive la liberté! cria la statue de bronze.

Et après l'avoir saluée, Croniamantal s'en alla plus loin dans l'espoir de rencontrer Tristouse.

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* *

Un autre jour, Croniamantal passait sur les boulevards, Tristouse n'était pas venue à un rendez-vous, et il espérait la rencontrer dans un thé à la mode où elle allait parfois avec des amis. Il tournait au coin de la rue Le Péletier, lorsqu'un monsieur, coiffé d'une cape gris perle, l'aborda eu disant:

«Monsieur, je vais réformer les lettres. J'ai trouvé un sujet sublime: il s'agit des sensations éprouvées par un jeune bachelier bien élevé qui a laissé échapper un bruit inqualifiable dans une assemblée de dames et de jeunes personnes de qualité.»

Croniamantal, se récriant sur la nouveauté du sujet, comprit aussitôt combien il prêtait à mettre en valeur la sensibilité de l'auteur.

Croniamantal s'en fut... Une dame lui marcha sur les pieds. Elle était auteur et ne manqua point d'affirmer que cette rencontre ou collision lui fournirait un sujet de nouvelle délicate.