Doum, doum, boum, doum, doum, boum, doum, doum, boum, c'est Pékin, les gongs et les tambours des rondes, les chiens innombrables qui glapissent ou aboient mêlant leurs voix au lugubre bruit des rondes. Un chant de coq éclate, annonçant l'aube qui, livide, abandonne déjà la blanche Corée.

Les doigts du roi coururent sur les touches, au hasard, faisant s'élever, simultanément en quelque sorte, toutes les rumeurs de ce monde dont nous venions, immobiles, de faire le tour auriculaire.

Tandis que je m'émerveillai, le roi leva soudain la tête. Et, tout d'abord, ma présence ne parut pas l'étonner:

«Apportez-moi, me dit-il, la partition originale de l'Or du Rhin, je veux la parcourir après avoir écouté la symphonie du monde et avant d'aller entendre l'orchestre mouvant de M. Oswald von Hartfeld... Mais, figure de criminel, où est ton masque? je ne veux devant moi personne sans masque.»

Et, le visage brusquement empreint de férocité, le roi s'avança les poings fermés; il était de stature herculéenne, il me secoua brutalement, me battit à coups de poing, à coups de pied, me cracha à la figure, criant:

«Qu'on lui coupe les testicules! Frankenstein, Eulenbourg, Jacob Ernst, Durkheim, qu'on lui coupe les testicules!»

Je n'attendis aucun de ces messieurs, et voyant que le roi s'inquiétait de ce que j'étais démasqué plutôt que de ma présence insolite, je me dis que si je savais retrouver la porte par laquelle j'étais entré dans le souterrain je ne serais recherché par personne, le roi ne pensant avoir eu affaire qu'à un des familiers de sa maison: serviteurs, subalternes, pages, seigneurs ou bateliers.

Et tandis que je me sauvais, je l'entendais qui criait:

«La partition de l'Or du Rhin, le masque sur la figure de criminel ou l'on te coupera les testicules!»