La surprise fut générale. La plupart des ecclésiastiques, croyant à une mystification, refusèrent leurs services.

Un dominicain y consentit enfin. Don Juan demeura plusieurs heures enfermé avec lui. Après quoi il déclara à tous qu'il allait se retirer dans un couvent pour y faire pénitence.

Il partagea sa fortune entre les pauvres, en réservant des sommes suffisantes pour faire bâtir un hôpital et pour fonder des messes pour les âmes du purgatoire; après quoi, en effet, il prit la robe de bure. Il se fit de suite remarquer par son zèle à la pénitence et ses mortifications.


Teresa avait longtemps attendu dans le jardin du couvent le signal convenu. Elle rentra dans sa cellule, en proie à la plus vive agitation. Le lendemain, elle recevait, portée par le dominicain, une lettre de Don Juan, où il lui expliquait son intention de se consacrer, à son exemple, à la vie monastique.

Teresa, à la lecture de cette lettre, devint pâle et rouge tour à tour. Dès qu'elle l'eut terminée, elle fut prise d'une crise terrible, que ni la mère supérieure ni le dominicain ne pouvaient calmer.

«Soyez heureuse que le Seigneur l'ait rappelé enfin à lui», disaient-ils.

Mais Teresa se tordait en proie au désespoir.

«Il ne m'a jamais aimée! répétait-elle, il ne m'a jamais aimée!»

Une fièvre ardente s'empara d'elle. En vain les secours de l'art et de la religion lui furent-ils prodigués. Elle repoussa dédaigneusement les uns et les autres. Elle expira au bout de quelques jours, et sa dernière parole fut: