Il n'avait abouti à rien. Il avait de plus acquis la conviction que le duc faisait à Isabelle la cour la moins platonique, désirant sans doute s'assurer de quelques gages d'amour palpable, avant que l'heure officielle de l'hyménée n'eût sonné.
À la suite d'une fête donnée au palais royal, la duchesse s'était assoupie dans un petit boudoir retiré. Juan, qui la guettait, se glissa dans la salle mi-obscure. Il éteignit la dernière chandelle et s'assit près de la belle qui sommeillait d'un léger sommeil, agrémenté sans doute de rêves d'amour.
«C'est Octavio, ton amant, qui t'éveille, dit-il, contrefaisant la voix du duc et la prenant par la taille.
—Octavio! cher Octavio!» soupira la dormeuse.
Sans autre discours, Juan mit ses lèvres sur les siennes. Ses mains chiffonnaient la dentelle. Isabelle ne résista bientôt plus.
«Octavio, par ici, vous pourrez sortir plus sûrement, dit-elle, quand ils se furent relevés.
—Oui, mon adorée. Ah! quand viendra le jour des épousailles?
—Je veux aller chercher une lumière.
—Pourquoi?