—Fi!» vous dis-je...

Et cette fois M. Domingo se trouva dans la rue.


Le souper organisé par Juan fut follement gai. Il y avait là quelques-uns de ses compagnons de la première heure: Don Garcia, Mota et des jeunes gens qui considéraient comme un grand honneur d'être admis à la table fameuse de Tenorio.

Les femmes étaient belles. Il y en avait, à la vérité, de tous les mondes. C'était le plaisir de Don Juan d'abaisser celles de ses maîtresses qui appartenaient ou avaient appartenu au monde à la société des courtisanes. Il n'aimait les roses qu'elles ne fussent salies. Il y avait aussi des actrices, deux danseuses, une poétesse et quelques fillettes à peine nubiles destinées peut-être à perdre leur virginité à la fin de l'orgie.

Propos galants, rires, baisers, fleurs et vins exquis, les heures passaient. Les filles se laissaient aller peu à peu entre les mains des hommes, et plus d'un corsage avait été dégrafé. Bientôt les discours seraient superflus...

«Ce cher Juan, dit Mota, je porte à sa santé. Les années ne le vieillissent pas...

—Les années! Bah! fit Don Juan, encore vingt ou trente de cette espèce, et nous songerons à nous amender.

—Il est heureux que les Castillanes nous donnent de temps à autre de belles fillettes, car où trouverais-tu ta pâture, Juan?...»

L'orgueil était entré dans le cœur de Tenorio. Il se leva, un peu gris.