Et il s'étendit sur le matelas de cuir, à côté du lit de Garcia, où il passait maintenant la plupart de ses nuits.

Mais il dormit mal. Il vit en rêve s'agiter devant ses yeux une lame brisée, et cette lame était teinte de sang, et sur l'acier se jouait l'écusson des Maraña. Ce n'était pas dans le corps d'un infidèle qu'était entrée jusqu'à la garde la bonne épée que son père, le vieux Carlos, lui avait confiée!

Au petit jour, un sommeil lourd les prit l'un et l'autre. Ils en furent brusquement tirés par un coup frappé à la porte.

«Je n'attends personne, dit Garcia. Debout, Juan. Ce sont les alguazils. Cette fois, il n'y a plus à résister. Recevons du moins ces messieurs dignement.»

À la hâte ils firent un brin de toilette, étonnés que l'on ne cognât pas plus fort. Enfin Garcia tourna la clef et, à leur grande stupéfaction, ils aperçurent sur le seuil deux femmes soigneusement voilées.


Elles entrèrent et se découvrirent le visage. C'étaient Doña Teresa et Doña Fausta.

Ils baisèrent les mains de leurs belles, cependant que Garcia se répandait en excuses sur le peu de luxe répandu dans son logis.

«Au reste, dit-il, je n'y compte plus habiter longtemps. Nous sommes, lui et moi, inséparables, et à ce combat nocturne...

—Nous avons admiré votre bravoure, firent les deux sœurs.