—C'est, répondit le diacre, Jésus de Nazareth, le Messie, Fils de Dieu.

Puis il l'endoctrina, et voyant qu'humble et soumis il reconnaissait la vérité, il lui demanda son nom, et l'homme saisit dans chaque main un anneau d'or de ses oreilles. À ses doigts, des pierres opaques, serties dans des bagues d'or, portaient gravés des signes divers. Dans cette position, le haut du corps, les bras et la tête figuraient un triangle isocèle. De longues paupières violettes voilèrent l'éclat des yeux noirs, et la bouche peinte prononça:

—Simon.

Le diacre se souvint de ce nom qui avait été celui du chef des apôtres, puis il baptisa l'homme, l'appelant Pierre, et ajoutant:

—Simon, désormais tu es Pierre, comme l'est le Vicaire de Dieu sur la terre.

À ce moment, le peuple ayant crié: «Place», en s'écartant, Philippe vit venir Pierre lui-même, les yeux troublés par les larmes, qui ne tarissaient plus depuis que, par trois fois, il avait renié son divin Maître. Près de l'ancien pêcheur du lac de Tibériade marchait Jean, le disciple bien-aimé.

Et le diacre dit:

—Voici que Pierre vient en pleurant. À côté de lui, marche, jeune et grave, Jean le préféré. Homme que le baptême a renouvelé, demande-leur de te conférer le Saint-Esprit.

Le peuple s'était dispersé. Il ne restait plus sur la place, avec le diacre Philippe et Jean, que le nouveau baptisé. Il ramena par devant les plis de sa robe traînante, dont l'étoffe jaune était tramée de dessins violets figurant des bêtes fantastiques, et découvrit ainsi des sandales de cuir azuré, ornées au cou-de-pied d'un quadruple triangle d'or. Et Pierre, se penchant vers Philippe, demanda:

—Quel est cet homme à l'attitude orgueilleuse? Il ne paraît avoir la véritable humilité du cœur.