—Ah! oui... l'otmika... l'otmika... Ma première femme, ma Njera... la mère de Mara... Ma Njera qui sera ma compagne au ciel... j'espère... Oui, il faut les marier... ce sera une belle noce...
Et le curé accompagna Tenso jusqu'au portail de l'église en disant:
—Oui, ce sera une belle noce! Les vêtements sont déjà prêts. Tu seras heureux, ensuite, vieux Tenso, d'avoir marié ta fille à un homme de ta race. Après, tu pourras t'endormir doucement dans la paix du Seigneur, et tes petits-enfants, de ta race, eux aussi, viendront prier sur ta tombe plantée de romarin.
Sur la place, des tziganes étaient venus, jouant de la guitare. Les filles et les garçons dansaient le kolo, et la vieille Croix de Hongrie ballait avec eux.
Ils chantaient:
Il faut les marier, il faut les marier,
Car après l'otmika la fille est enceinte.
Il faut les marier, Tenso, ou la tuer...
Le vieux Tenso regarda un instant le kolo, puis, délibérément, il prit part à la ronde. Et il faisait sauter sa croupe nerveusement, en chantant:
Il faut les marier...
[QUE VLO-VE?]
La guitare de Que vlo-ve? était un peu du vent qui gémit toujours dans les Ardennes de Belgique...