De l'étude des rapports et des lois élémentaires simples et composés, directs et indirects, on passe naturellement à celle des fonctions et des organes sociaux dans lesquels les éléments se combinent et s'intègrent. Ce qui vicie en grande partie l'oeuvre sociologique d'Herbert Spencer et surtout celle d'A. Comte, c'est, au point de vue de la Méthode, d'avoir négligé et même systématiquement nié l'utilité et la possibilité de procéder à une classification des phénomènes sociaux. Cette classification est cependant la base indispensable de la Statique et de la Dynamique, de la Structure et de l'Evolution collective.

La classification élémentaire naturelle fait défaut chez M.H. Spencer, celle des éléments et des organes chez A. Comte que ses ailes d'Icare transportent, il est vrai, à des hauteurs vertigineuses d'où son génie embrasse vaguement les lois sociales les plus générales, mais qui tombe finalement dans les flots incohérents d'un subjectivisme sentimental où il s'engloutit.

L'étude des rapports et des lois organiques des sociétés ne peut donc être méthodiquement que la suite de l'analyse et de la classification des phénomènes sociologiques élémentaires, de leurs rapports et de leurs lois également abstraits et élémentaires.

Les phénomènes élémentaires fonctionnent dans la vie sociale par des organes qui en règlent, facilitent et modèrent l'exercice; ces organes sont les institutions proprement dites.

Il y a des institutions ou organes économiques: chemins de fer, canaux, postes et télégraphes, banques de dépôt, d'émission, de circulation, de crédit, des institutions agricoles, industrielles, commerciales où s'incarnent le travail, le capital, la production, la consommation, la circulation. Il y a des institutions génésiques: la famille, le mariage, la paternité, l'adoption, le divorce, la tutelle.

Il y a des institutions artistiques: écoles, académies, musées.

Il y a des institutions scientifiques: écoles à tous les degrés, professionnelles ou humanitaires, instituts, congrès, laboratoires, commissions nationales et internationales de statistique, instituts.

Il y a des institutions morales: religieuses, rationalistes, civiles.

Il a des institutions juridiques: tribunaux civils, de commerce, répressifs, conseils d'arbitrage, de conciliation.

Il y a enfin des institutions politiques: assemblées représentatives à tous les degrés, administration, pouvoir exécutif.