CHAPITRE IV
AVENTURES DE MONTAGNES.—QUINDARO.

Ce n'était pas une petite besogne pour le lieutenant Marshall et ses nouveaux amis que de se frayer une route au travers des roches, des arbres, des inextricables buissons qui hérissaient les flancs de la montagne. Le jeune officier se sentait dévoré d'impatience, et si ce n'eût été la crainte de désobliger ses amis, il aurait passé par la vallée sans se préoccuper des dangers mortels qu'il y aurait infailliblement rencontrés.

La nuit venue, les voyageurs firent halte pour prendre le repos dont ils avaient grand besoin car la journée avait été rude.

Après avoir promptement expédié un frugal repas, on se mit à causer, et on calcula les ravages que pourraient faire les Indiens avant que des forces militaires, suffisantes pour réprimer leurs expéditions, fûssent arrivées sur les lieux.

Oakley se plaisait à supposer que le soulèvement Indien s'évanouirait en fumée; mais l'Ermite secouait la tête d'une façon significative.

—Si seulement, disait Oakley, nous pouvions mettre la main sur ce Chat des Montagnes, comme leur coquin de chef s'intitule lui-même, on lui signerait une feuille de route pour le grand voyage et tout serait dit.

—Qu'entendez-vous par ces mots? lui demanda Marshall.

—Quels mots...? le grand voyage...?

—Oui.

—Ah! ah! la question est bonne! deux onces de plomb dans le crâne, et six pieds d'eau tout autour de lui: voilà ce qu'il lui faudrait, jeune homme: avec çà, en suivant le cours du Laramie, il irait loin! Je crois qu'on peut appeler une semblable promenade un grand voyage.