—Eh bien! poursuivit Veghte, il a passé la nuit dernière à la Block-House.
Les yeux de l'Indienne se dilatèrent avec une expression de terreur; elle recula comme si un serpent eût surgi sous ses pieds.
—Qu'est-ce que c'est? fit Basil étonné: cet homme là n'est-il pas un ami?
—Ne le laissez plus revenir parmi vous! c'est un méchant!
—Ah! ah! je l'avais toujours pensé; mais je commence à croire que je ne m'étais guère trompé sur son compte. Mais vous le connaissez joliment bien? ajouta-t-il d'un ton soupçonneux: vous l'avez reconnu parfaitement, la nuit dont je parle, n'est-ce pas?
—Oui: répondit la jeune Indienne avec une expression de franchise et de dépit tout à la fois.
—Pourquoi n'avez-vous rien dit? Il m'a prétendu ne rien savoir à votre sujet; il me l'a même affirmé, le menteur!
—Ne feriez-vous pas mieux de rentrer au fort? demanda l'indienne après un moment d'hésitation, sans répondre à la question.
—C'est possible. Mais regardez-moi bien: êtes-vous une amie? êtes-vous pour ce Johnson? voyons, parlez franchement!
—Non! non! je ne serai jamais pour lui! je ne l'aime pas! s'écria Mariami, les yeux étincelants.