Après m'avoir fait traverser plusieurs pièces assez luxueusement meublées, le peon s'arrêta dans un salon, et me demanda qui il devait annoncer à son maître.
—Votre maître ne me connaît pas, répondis-je; dites-lui seulement qu'un étranger arrivant de Sinaloa est chargé de lui remettre une lettre de la part de son ami don Antonio Díaz.
—Veuillez vous asseoir, caballero, me dit le peon en s'inclinant.
Puis il s'éloigna et me laissa seul dans le salon.
Mais je ne demeurai pas longtemps abandonné à moi-même.
La porte s'ouvrit presque aussitôt, et un homme de cinquante à cinquante-cinq ans, de haute taille, aux traits fins et distingués, à la démarche imposante, s'approcha vivement de moi, le bras tendu et la main ouverte.
—Je suis don Diego Palacios, me dit-il; disposez de moi, et veuillez me dire tout d'abord en quoi je puis vous servir.
La franchise et la bonne humeur qui éclataient sur sa physionomie me prouvèrent que don Diego ne me faisait pas un compliment banal, mais qu'il pensait réellement ce qu'il disait.
Je pressai la main qu'il me tendait, et, sans lui répondre autrement, je lui présentai la lettre que don Antonio m'avait remise pour lui.
Après s'être excusé, don Diego ouvrit la lettre qu'il parcourut rapidement des yeux.