—Entrons, entrons! Nous n'avons pas de temps à perdre.

La marche recommença, mais au bout de deux ou trois minutes elle cessa, et j'entendis le bruit d'une clé tournant dans une serrure. Une porte s'ouvrit, et don Juan Palacios pénétra dans son appartement.

J'ai oublié de dire que cet appartement était contigu avec ma chambre, qui n'était séparée de celle de don Juan que par une cloison et une porte qui paraissait condamnée depuis très longtemps.

Au Mexique, les maisons, à cause, des tremblements de terre, sont presque toutes construites en torchis; il est donc impossible qu'entre voisins on n'entende pas distinctement ce qui se passe chez l'un ou chez l'autre. Cette fois, non seulement j'entendis, mais encore je vis.

Don Juan après avoir refermé la porte de sa chambre, avait allumé un candélabre posé sur une table: immédiatement une raie lumineuse apparut à la porte condamnée dont j'ai parlé plus haut.

Je n'avais pas encore aperçu cette fissure, par la raison toute simple qui depuis que je demeurais chez don Diego, jamais je n'étais rentré dans ma chambre sans lumière. Il est probable que don Juan Palacios était aussi ignorant que moi à ce sujet.

Il y eut un remuement de chaises, un moment de silence, puis la voix de don Luis se fit entendre de nouveau:

—Que faisons-nous? dit-il. Il me semble qu'il serait temps de délibérer.

—En effet, répondit aussitôt une voix qui m'était inconnue, car si vous voulez tenter l'affaire, vous n'avez que tout juste le temps d'arriver.

—Eh bien, voyons, de quoi s'agit-il? dit don Juan. Les quelques mots que vous nous avez dit, don Emilio, nous ont fait venir l'eau à la bouche, mais vous ne nous avez pas donné de renseignements bien précis.