Et, s'appuyant le dos contre le corps de son cheval, il fouilla dans sa poche, en retira du papier et du tabac, tordit une cigarette, battit le briquet, et commença à fumer avec un sang-froid imperturbable, après m'avoir dit en haussant les épaules:
—Vous aviez bien besoin de vous occuper de mes affaires, vous!
II
Le missionnaire et le bandit.
Les nouveaux venus formaient une petite troupe d'une dizaine d'individus environ, pour la plupart Indiens mansos, c'est-à-dire civilisés, ou à peu près. Ceux-ci trottaient au pas gymnastique, autour de quatre cavaliers revêtus de costumes de Rancheros, et semblant appartenir à la race blanche.
Parmi eux se trouvait un prêtre, ou plutôt un missionnaire.
Lorsque la petite troupe arriva à l'endroit où le bandit continuait à fumer, comme s'il eût été complètement étranger à ce qui se passait autour de lui, elle fît halte. Les peones, c'est-à-dire les serviteurs indiens, se tinrent respectueusement à l'écart; les blancs mirent pied à terre.
Le missionnaire était pâle; il semblait souffrir; il portait le bras en écharpe, et quelques gouttes de sang mouchetaient sa soutane blanche.
En m'apercevant, il mit vivement pied à terre, s'approcha de moi et, après m'avoir salué de la façon la plus amicale:
—Soyez le bienvenu dans nos parages, señor, me dit-il; que Dieu soit béni pour vous avoir envoyé à nous!