Celui-ci ne recula pas d'un pouce, ne fit pas un geste pour éviter le coup qui le menaçait.

Et il bondit la canne haute sur le prêtre.

—Faites-moi des excuses, misérable brute, hum, pouh! s'écria le commandant. Faites-moi des excuses, sinon...

—Je ne vous ferai pas d'excuses, monsieur, car je ne vous ai pas insulté; c'est vous qui m'en ferez, au contraire.

—Moi, des excuses, by God! Hum, pouh!

—Oui, dit froidement le prêtre.

—Ah! s'écria l'officier avec fureur. Eh bien, by God, en attendant, attrape cela!

Cette fois l'Américain ne se connaissait plus; la canne allait retomber sur les épaules du missionnaire.

Celui-ci étendit le bras, saisit le poignet du commandant avec une vigueur que l'on aurait été loin de supposer dans un homme d'apparence si faible, et le lui tordit avec une telle force qu'il fut contraint de laisser échapper sa canne.

Puis le missionnaire repoussa dédaigneusement l'officier, qui jeta un hurlement de rage et recula, malgré lui, de quelques pas.