—Oui, oui, partez, l'abbé... hum, pouh! By! Du diable si c'est moi qui vous en empêche; vous êtes un brave homme, après tout, quoique vous ayez une rude poigne. Je suppose que vous allez encore faire quelque bonne action, et je calcule, hum, pouh, by, que vous valez mieux dans votre petit doigt que moi dans tout mon gros corps.
—Monsieur, reprit en souriant le missionnaire, je serai de retour, je l'espère, demain dans la matinée, et je me tiendrai à vos ordres.
—Je vous remercie mille fois, monsieur, reprit l'inconnu en saluant.
—Voilà qui est parfait; allons-nous-en, hum, pouh! dit le commandant; je le répète, vous êtes un brave homme; mais c'est égal, vous m'avez joué un tour... je ne vous croyais pas si fort. Hum, pouh! By! Du diable si je ne me venge pas!
—Vous voulez vous venger de moi, commandant? répondit en souriant le jeune prêtre.
—Oui, oui, vous verrez... Hum, hum! Bonsoir, l'abbé... Hum! By! Bonsoir! Hum, hum, pouh!
IV
Le Cœur-Bouillant entre en scène.
Le défrichement dont était propriétaire don Melchior de Bartas était, ainsi que nous l'avons dit, situé à deux lieues tout au plus de l'immense territoire, ou plutôt du vaste désert, propriété exclusive des Indiens comanches et apaches qui le parcouraient dans tous les sens, et y chassaient, et s'y battaient en toute liberté, sans craindre d'être inquiétés par d'autres blancs que les quelques chasseurs, Canadiens ou Américains du Nord, qui y tendaient leurs trappes, et avec lesquels parfois ils avaient maille à partir.