—En avant, en avant! répétait sans cesse le jeune homme.

Et les chevaux, pressés sous l'aiguillon de la terreur redoublaient des efforts déjà prodigieux.

—Je ne puis plus me soutenir: la respiration me manque, les forces m'abandonnent, dit tout à coup le missionnaire.

—Courage, courage! répétait le jeune homme d'une voix stridente.

—Du courage j'en ai, des forces je n'en ai plus.

—Trois minutes encore, au nom du ciel! reprit Cardenio.

Ils venaient de traverser une rivière assez large et gravissaient en ce moment les flancs abrupts d'une colline élevée.

—Halte, et pied à terre! cria vivement le jeune homme.

Le missionnaire se laissa tomber plutôt qu'il ne descendit de son cheval; il était presque évanoui.

On apercevait dans la plaine, au milieu des hautes herbes, une longue tache noire et moutonneuse. C'étaient les loups qui accouraient.