Aussitôt que le pont-levis fut levé, la caronade, placée sur la plate-forme, les pierriers et les espingoles braqués aux meurtrières, commencèrent à jouer contre les Peaux-Rouges avec une furie terrible, accompagnés par une fusillade ininterrompue.

Le courage était revenu aux peones depuis qu'ils se savaient en sûreté dans un fort.

Les Sioux-Bisons, excités par leur premier succès, brandissant avec des hurlements féroces les scalps sanglants qu'ils avaient enlevés à leurs victimes agonisantes, voulaient compléter leur victoire en s'emparant de la forteresse dans laquelle les colons s'étaient réfugiés.

L'Oiseau-Noir, qui semblait se multiplier et était partout à la fois, fit immédiatement élever, à portée de pistolet du fort, des retranchements avec les poutres, les chariots et tout ce qu'il put trouver pour abriter ses guerriers contre la grêle de balles qui pleuvait incessamment sur eux et les décimait. Puis, les retranchements construits, les Indiens commencèrent le siège de la forteresse.

Tout à coup une fusillade terrible éclata sur l'autre bord de la rive.

Un horrible cri de guerre se fît entendre, et une foule de cavaliers, surgissant de tous les côtés à la fois du milieu des ténèbres, enveloppèrent les Sioux-Bisons.

C'était le Cœur-Bouillant qui tenait sa promesse et arrivait au secours de ses alliés blancs.

Il y eut une affreuse mêlée, une épouvantable boucherie, puis soudain on entendit un retentissant cri de triomphe.

Le combat était terminé.

Les Sioux-Bisons traversaient la rivière en désordre et s'éparpillaient dans la savane, en proie à une terreur indicible.