--L'armée des grandes nations est campée devant le Carmen afin d'obtenir satisfaction de tous les maux que les visages pâles nous ont fait souffrir depuis leur invasion en Amérique.
--Expliquez-vous clairement. Pourquoi envahissez-vous nos frontières? Avons-nous manqué à nos engagements? De quoi vous plaignez-vous?
--Mon père feint d'ignorer les justes motifs de guerre que nous avons contre les blancs. Sa nation a traité avec les blancs qui habitent de l'autre côté des montagnes et qui sont nos ennemis; donc, sa nation n'a point d'amitié pour nous.
--Cher, cette querelle est ridicule. Avouez que vous avez envie de piller nos fermes, de voler notre bétail et nos chevaux, bien! Mais, serions-nous en guerre avec le Chili, vous agiriez de même. La plaisanterie dure trop longtemps; venons au fait; que voulez-vous?
--Mon père est fin, dit Churlakin en riant. Ecoutez! voilà ce que disent les chefs. L'ulmen Negro a, contre son droit et contre le nôtre, vendu aux ancêtres de mon père une terre qui ne lui appartenait pas, sans le consentement des autres ulmenes de la contrée.
--Après?
--Les chefs rassemblés autour de l'arbre de Gualichu ont résolu de rendre au grand chef blanc, depuis le premier jusqu'au dernier, tous les objets donnés jadis à l'ulmen Negro, et de reprendre le pays qui est à eux.
--Est-ce tout?
--Tout.
--Combien de temps les chefs donnent-ils au gouverneur du Carmen pour discuter ces propositions?