--Au diable, alors!

Et le gaucho, d'un mouvement prompt comme la pensée, leva son arme pour se frapper.

--Je te pardonne, reprit don Juan qui avait arrêté le bras de Chillito; mais, si tu veux me servir, sois muet comme un cadavre.

Le gaucho tomba à ses pieds et couvrit ses mains de baisers, semblable au chien qui lèche son maître dont il a été battu.

Mato était resté témoin immobile de cette scène.

--Quel pouvoir a donc cet homme étrange pour être aimé ainsi! murmura José Diaz toujours caché derrière un arbre.

III.--DON JUAN PEREZ

Après un court silence, don Juan reprit la parole.

--Je sais que tu m'es dévoué, et j'ai en toi une entière confiance, mais tu es un ivrogne, Chillito, et la boisson conseille mal.

--Je ne boirai plus, répondit le gaucho.