--Voici l'ennemi, dit l'inconnu d'une voix ferme; bride aux dents et chargeons!

Les cinq hommes se rangèrent sur une seule ligne et se ruèrent sur les arrivants. Ils déchargèrent leurs armes à feu et jouèrent du sabre.

--Caraï! s'écria Pincheira qui commandait les douze cavaliers mon prisonnier m'échappe.

L'officier chilien s'élança à la poursuite de don Fernando, qui, sans ralentir sa course, lâcha deux coups de feu. Le cheval de Pincheira roula sur le sol en entraînant son cavalier, qui se releva tout meurtri de sa chute. Mais don Fernando et ses compagnons étaient déjà loin.

--Oh! je les retrouverai, s'écria-t-il ivre de rage.

Les fugitifs avaient touché les bords du fleuve, où une barque les attendait.

--C'est ici, senor, que nous nous séparons, dit à don Fernando l'inconnu qui se démasqua.

--Sanchez! s'écria-t-il.

--Moi-même, répondit le bombero. Cette barque va vous conduire à l'estancia de San-Juan; partez sans délai; et, ajouta-t-il en se penchant à l'oreille de don Fernando auquel il remit un papier plié en quatre, lisez ceci et peut-être bientôt pourrez-vous nous venir en aide. Adieu, senor.

--Un mot, Sanchez. Quel est l'homme qui me tenait prisonnier?