Quinto et Julian soulevèrent don Juan par les pieds et par la tête et, avec des précautions infinies, le transportèrent, de la forteresse improvisée où il avait si longtemps combattu, auprès de l'un des feux, sur un lit de feuilles préparé par Simon.

--Canario! s'écria Sanchez à l'aspect misérable du jeune homme; le pauvre diable, comme ils l'ont arrangé! Il était temps de le secourir.

--Croyez-vous qu'il va en réchapper? continua Quinto avec intérêt.

--Il y a toujours espoir, dit sentencieusement Sanchez, quand la vie n'est pas éteinte. Voyons-le donc.

Il se pencha vers le corps de don Juan, tira son poignard luisant, lui mit la lame devant les lèvres.

--Pas le moindre souffle! fit le bombero en hochant la tête.

--Ses blessures, sont sérieuse? demanda Quinto.

--Je ne crois pas. Il a été accablé de lassitude et d'émotion; il ne tardera pas à ouvrir les yeux, et, dans un quart d'heure, si bon lui semble, il pourra se remettre en selle. C'est sûrement lui, ajouta Sanchez à demi-voix.

--D'où te vient son air soucieux, frère?

--C'est cet homme, malgré son costume européen et toute l'apparence d'un blanc, ressemble...