«Allons, venez, dit le capitaine Quiroga en saisissant rudement le bras du peintre pour le faire descendre le perron.

—Mais ceci est horrible, s'écria celui-ci en se débattant avec fureur, vous violez le droit des gens, je suis Français, je suis étranger, laissez-moi, vous dis-je.»

Le débat se serait probablement terminé au désavantage du jeune homme, seul contre tant d'ennemis, si tout à coup le gouverneur ne s'était avancé et, s'adressant au capitaine:

«Laissez aller ce caballero, dit-il, il y a méprise; c'est un honnête homme, il est le secrétaire du duc de Mantoue.»

Et, prenant le bras de l'artiste, tout ahuri de la scène de violence dont il avait failli être victime, il le fit rentrer dans les salons et le conduisit en souriant au duc de Mantoue.

«Voilà votre secrétaire, Excellence, dit-il; je suis arrivé à temps.

—Décidément ils y tiennent, murmura à part lui le jeune homme; le diable emporte la politique et ceux qui s'obstinent a m'y vouloir fourrer. Oh! Si je trouve l'occasion de leur fausser compagnie!...»

Mais, provisoirement, force qui fut de se contraindre et de feindre d'accepter avec joie cette place de secrétaire, pour laquelle il éprouvait une répugnance si décidée.

Les prisonniers avaient été, sous bonne escorte, conduits à la prison où on les avait écroués.

FIN