—Je la connais.
—Y sera-t-il?
—Il y sera.
—Pas d'équivoque entre nous, tu me comprends bien, je veux que ce caballero soit rendu dans neuf jours à la fazenda do rio d'Ouro, en bonne santé, libre, et sans qu'il manque rien à son bagage.
—J'ai promis, répondit froidement l'Indien.
—C'est bien, bois ce trago de caña pour te remettre des coups que tu as reçus et va dormir.»
Le guide saisit la calebasse que lui tendait don Zèno, la vida d'un trait avec une satisfaction visible et se retira sans ajouter une parole.
Lorsqu'il fut sorti, je m'adressai à don Zèno, de l'air le plus indifférent que je pus affecter.
«Tout cela est bel et bon, lui dis-je, mais je vous certifie, señor, que malgré ses promesses, je n'ai pas la moindre confiance dans ce drôle.
—Vous avez tort, señor, me répondit-il, il vous servira fidèlement, non pas par affection, peut-être ce serait trop lui demander après ce qui s'est passé, mais par crainte, ce qui vaut mieux encore; il sait fort bien que s'il vous arrivait quelque chose, il aurait un compte sévère à me rendre de sa conduite.