—Eh! fit l'autre avec un ricanement sourd, la réception que me fait Votre Seigneurie n'est guère caressante. Voilà deux jours que je ne vous ai parlé.
—Je n'ai pas besoin, je le suppose, de me gêner avec vous, à quoi bon me gêner? N'êtes-vous pas à ma solde, et par conséquent mon serviteur? reprit le marquis avec une nuance de hauteur, destinée sans doute à rappeler à son interlocuteur la distance que les convenances sociales établissaient entre eux.
—C'est juste, répondit l'autre, un serviteur est un chien et il doit être traité comme tel, cependant, vous connaissez le proverbe: A bom jogo boa volta[2].
—Faites-moi grâce de vos stupides proverbes, je vous prie, et dites-moi sans plus de détours ce qui vous amène,» répondit le jeune homme avec impatience.
Le mamaluco fixa sur le marquis un regard d'une expression sinistré.
«Au fait, reprit-il, votre Seigneurie a raison, mieux vaut en finir tout de suite.
—J'attends!
—Je viens régler mes comptes avec vous, señor; voilà tout en deux mots.
—Hein! fit le jeune homme, régler vos comptes, qu'est-ce à dire, velhaco?
—Velhaco ou non, monsieur le marquis, je désire régler avec vous.