—Ah! firent les deux Indiens en couvrant le métis d'un regard scrutateur.

—C'est comme cela, fit-il, sans se déconcerter.

—Et qui donc les a si bien instruits des richesses de notre pays? demanda le Guaycurus.

—Moi, répondit effrontément Malco.

—Toi! s'écria Tarou-Niom, alors tu es un traître.»

Le mamaluco haussa les épaules.

«Un traître, fit-il avec ironie, suis-je donc un des vôtres, moi? Est-ce que j'appartiens à votre nation? M'avez-vous confié ce secret en me défendant de le révéler? Je l'ai découvert, je l'ai divulgué, c'était mon droit.

—Mais alors, si tu as vendu ton secret à ces hommes, pourquoi nous les dénonces-tu aujourd'hui?

—Cela est mon affaire et me regarde seul; quant à vous, voyez s'il vous convient de laisser des étrangers pénétrer chez vous.

—Écoute, dit sévèrement Tarou-Niom, tu es bien l'homme que désigne ta couleur, c'est-à-dire un faux blanc, tu vends tes frères; nous ne chercherons pas à découvrir quel motif assez sérieux te pousse à cette indigne trahison; c'est un compte à régler entre toi et ton honneur, cette trahison nous est avantageuse, nous en profiterons. Quel prix exiges-tu? Réponds, et sois bref.»