[1] En botocoudo, tarou, soleil; niom, venir: soleil levant.

[2] Nom donné à Rio de Janeiro par les Indiens Tupinambas, et qui signifie littéralement eau cachée. Le nom de Rio de Janeiro, c'est-à-dire Rivière de Janvier, a une origine toute religieuse. Nous citons ce fait, parce qu'il consacre une grave et sérieuse erreur géographique. D'après Rocha Pitta, lorsque les Portugais commandés par Mem de Sâ, repoussèrent les Français de Villegagnon de la baie de Gambara, où ils s'étaient établis, ils virent soudain apparaître un jeune homme, éclatant de lumière, qui combattit avec l'armée portugaise et lui donna la victoire; ils crurent si bien reconnaître en lui saint Sébastien dont le nom avait été imposé à l'héritier présomptif de la couronne de Portugal qu'ils le donnèrent à la ville nouvelle dont les murs ne tardèrent pas à s'élever et qu'ils appelèrent en conséquence São Sebastião; quant au nom de Rio de Janeiro plus généralement usité, il vient simplement de ce que cette baie magnifique fut découverte le 15 du mois de janvier; malheureusement, ainsi que nous l'avons dit déjà, cette dénomination consacre une grave erreur, par la raison toute simple que la baie de Rio de Janeiro n'est pas formée par un fleuve, et les Indiens avaient raison en lui donnant le nom de Nelherohy, c'est-à-dire eau cachée.


[III]

LE MARQUIS DE CASTELMELHOR.

L'homme que le marquis avait appelé immédiatement après son entrevue avec le mamaluco, et qu'il avait aussitôt fait entrer dans sa tente, était petit, trapu, mais bien fait et nerveux; âgé d'une quarantaine d'années au plus, il avait atteint le point culminant du développement des forces humaines.

Indien de pure race, il portait sur son visage intelligent, que ne défiguraient ni tatouages ni peinture, les traits distinctifs, bien qu'un peu effacés, de la race mogole; ses yeux noirs, vifs et bien ouverts, son nez droit, sa bouche grande, ses pommettes un peu saillantes, lui formaient une physionomie qui, sans être belle, ne manquait pas d'un certain charme sympathique, tant elle respirait l'audace et la franchise, mêlées à la finesse inhérente à sa race. Ainsi que nous l'avons dit, il commandait les quelques soldados da conquista attachés à la caravane.

Le capitão, car tel est le titre qu'il portait, salua respectueusement le marquis et attendit qu'il lui plût de lui adresser la parole.

«Asseyez-vous, Diogo, lui dit avec bonté le marquis, nous avons à causer longuement ensemble.»

L'Indien s'inclina et s'assit modestement sur l'extrême bord d'un siège.