Son attente ne fut pas longue. A peine s'était-il caché que la pierre se détacha, roula sur le sol, et un homme, tenant en main une carabine dont le canon fumait encore, entra vivement dans le souterrain.
Cet homme se pencha au dehors, sembla écouter pendant quelques secondes, puis il se redressa en murmurant assez haut pour que le jeune homme l'entendît:
—Ils viennent, mais trop tard; maintenant le tigre a échappé.
Et s'aidant avec une dextérité extrême du canon de sa carabine en guise de levier, il eut en un instant replacé la pierre dans son état primitif.
—Cherchez, cherchez, perros malditos, reprit l'inconnu avec un ricanement ironique, je ne vous crains plus maintenant!
Et avec le plus grand sang-froid, sans se presser, il se mit en devoir de recharger son arme; mais le peintre ne lui en donna pas le temps: bondissant hors de sa cachette en enlevant le chapeau qui couvrait la lumière de la lanterne, il s'arrêta en face de l'inconnu et, le tenant en respect avec ses pistolets:
—Qui êtes-vous? Que voulez-vous? lui demanda-t-il.
L'inconnu fit un mouvement de surprise et d'effroi, recula d'un pas et, laissant tomber son arme:
—Eh! Qu'est ceci? s'écria-t-il, suis-je donc trahi?
—Trahi? répéta le Français en posant prudemment le pied sur la carabine, l'expression me parait au moins singulière dans votre bouche señor, surtout après la façon dont vous vous êtes introduit ici.