—Maître, lui dit-il d'une voix triste, comment ai-je démérité de votre confiance? Qu'ai-je fait pour que vous veuilliez à présent conserver des secrets pour moi?
—Émile se sentit rougir; cependant, il répondit:
—Je ne comprends pas ce reproche que tu m'adresses, mon brave ami; explique-toi plus clairement.
Le Guaranis hocha la tête d'un air sombre.
—A quoi bon, reprit-il, puisque vous vous méfiez de moi?
—Je me méfie de toi! s'écria le jeune homme, qui intérieurement se sentait coupable, mais qui ne se croyait pas autorisé à livrer un secret qui ne lui appartenait pas.
—Certes, maître. Voyez ces deux verres et ces deux tranchoirs; voyez, de plus, ces restes de cigares.
—Eh bien?
—Eh bien, croyez-vous donc que si je ne le savais déjà, ces indices ne suffiraient pas pour me dénoncer ici la présence d'une autre personne que vous?
—Comment? Que sais-tu?