—Merci, maître.

—Oui, oui, murmura l'Espagnol, croyez-moi, señor, ces peaux-rouges sont meilleurs qu'on ne le suppose généralement, et lorsqu'ils se donnent une fois, on peut à tout jamais compter sur eux; maintenant, mon brave ami, ajouta-t-il en s'adressant à Tyro, racontez-moi cette fin que j'ignore, selon vous.

—Cette fin, la voici, señor: vous avez été trahi.

—¡Vive Dios! Je m'en étais douté; vous connaissez le traître?

—Je le connais.

—Bon! fit-il en se frottant joyeusement les mains, vous allez me dire son nom, sans doute.

—C'est inutile, señor, je me charge de la châtier moi-même.

—Comme il vous plaira, j'aurais cependant bien désiré me donner ce plaisir.

—Croyez-moi, señor, vous ou moi, il n'y perdra rien, reprit l'Indien, avec un accent de haine impossible à rendre.

—Je ne veux pas chicaner plus longtemps avec vous là-dessus; revenons à notre affaire, je suis assez empêché, moi, en ce moment.