—Et vous me parlerez comme autrefois?
—Je te parlerai comme tu voudras; es-tu content? reprit-il avec un sourire.
—Merci, encore une fois, maître; oh! Soyez tranquille, vous ne vous repentirez jamais de la bonté que vous avez pour moi.
—Je le sais bien; aussi, je suis tranquille, va, et tu n'as que faire d'essayer de me rassurer.
—Venez, dit le montonero en reparaissant, tout est prêt: on n'attend plus que vous; quant aux chevaux...
—Ce soin me regarde, interrompit Tyro.
Ils s'engagèrent alors dans la galerie; les chevaux du jeune homme ne se trouvaient plus dans l'écurie qui leur avait été ménagée, mais il ne s'en inquiéta pas.
Bientôt ils débouchèrent au milieu du taillis où la nuit précédente les Espagnols et les patriotes s'étaient livré un si furieux combat; une nombreuse troupe de cavaliers se tenait immobile et silencieuse devant l'entrée du souterrain.
Le Guaranis avait pris les devants; lorsque le montonero entra dans la clairière, il s'y trouvait déjà avec le Gaucho, chacun tenant plusieurs chevaux en bride.
—Voici vos chevaux, señoras, dit-il en s'adressant aux dames, ce sont deux coursiers d'amble fort doux et fort vites.