—Dame! Voyez vous-même.

Le peintre regarda, le montonero avait dit vrai: la troupe ennemie s'était sensiblement rapprochée.

—¡Caray! Je ne sais ce que je donnerais pour savoir qui sont ces démons.

—Ils font partie de la cuadrilla de don Zéno Cabral; je crois même qu'il se trouve parmi eux.

—Tant mieux, fit rageusement le montonero, j'aurai peut-être ma revanche.

—Comptez-vous combattre ces gens-là?

—Pardieu, pensez-vous que je veuille me laisser fusiller par derrière, comme un chien peureux.

—Je ne dis pas cela, mais il me semble que nous pouvons redoubler de vitesse.

—A quoi bon? Ne voyez-vous pas que ces drôles ont avec eux une recua fraîche et qu'ils nous atteindront toujours; mieux vaut les prévenir.

—Les choses étant ainsi, je crois, comme vous, que c'est le plus sage, répondit Émile qui craignait que le montonero supposât qu'il avait peur.