—En avant! répéta la troupe en s'élançant à sa suite.
Émile chargea avec les autres, d'un air assez maussade, il est vrai: il se souciait aussi peu du roi que de la patrie, et il lui paraissait plus sage de gagner au pied au plus vite mais, comme au fond, c'était presque sa cause que défendaient ces hommes; que c'était pour le protéger qu'ils combattaient, force lui était de faire contre fortune bon cœur, et de ne pas demeurer en arrière.
Malgré leur petit nombre, les patriotes ne parurent nullement intimidés du retour agressif des Espagnols, et ils continuèrent bravement à s'avancer.
Le choc fut terrible; les deux troupes s'attaquèrent résolument à l'arme blanche et se trouvèrent bientôt confondues.
Dans la mêlée, Émile reconnut don Zéno Cabral; il s'élança vers lui, et, frappant du poitrail de son cheval celui de son adversaire, fatigué d'une longue traite, il le renversa.
Sautant immédiatement à terre, le jeune homme appuya le genou sur la poitrine de don Zéno et lui portant la pointe de son sabre à la gorge:
—Rendez-vous, lui dit-il.
—Non, répondit celui-ci.
—A mort! A mort! cria don Santiago qui arrivait.
—Faites cesser le combat, répondit Émile en se tournant vers lui, ce cavalier s'est rendu à condition qu'il sera libre de retourner à San Miguel ainsi que ses compagnons.