Plusieurs heures s'écoulèrent ainsi; les guerriers guaycurús causaient entre eux, fumaient ou pêchaient sur le bord du Bermejo, mais aucun Indien ne s'était éloigné du camp au milieu duquel s'élevait comme une bannière la longue lance de Gueyma, plantée dans le sol et faisant flotter à son extrémité une banderole blanche faite avec un mouchoir emprunté aux officiers.
Vers onze heures du matin, les sentinelles signalèrent l'apparition de deux troupes venant de deux côtés opposés, mais se dirigeant vers le camp.
Les Chefs guaycurús lancèrent deux guerriers vers ces troupes.
Ceux-ci revinrent au bout de dix minutes à peine.
Ils avaient reconnu les étrangers. Les premiers étaient des Macobis, les seconds des Frentones.
Mais, presque aussitôt apparut une troisième troupe, puis une quatrième, une cinquième et enfin une sixième.
Des éclaireurs furent immédiatement lancés à leur rencontre, et ils ne tardèrent pas à revenir, en annonçant que c'étaient des détachements de Chiriguanos, de Langoas, d'Abipones, et enfin de Payagoas.
—Epoï, répondait le Cougouar à chaque annonce qui lui était faite, les guerriers camperont au pied de la colline, les chefs monteront près de nous.
Les éclaireurs repartaient alors ventre à terre et allaient communiquer aux capitaos des différents détachements les ordres de leur chef.
Arrivés à une certaine distance de l'accore au sommet de laquelle le camp des Guaycurús était établi, les détachements indiens s'arrêtèrent, poussèrent leur cri de guerre d'une voix retentissante et, après avoir exécuté certaines évolutions en faisant caracoler leurs chevaux, ils allèrent s'établir aux points qui leur avaient été désignés.