—Aveuglément, bien que, permettez moi de vous le dire, je ne comprends rien à votre exigence.
—Un jour, vous me comprendrez, et ce jour-là, croyez-en ma parole, don Zéno, vous me remercierez.
—Soit; à votre guise, Diogo; vous êtes un homme indéchiffrable et tout confit en mystère, je renonce à vous expliquer.
—Et vous avez raison, répondit en riant le chef, car vous perdriez votre temps et votre peine, seulement, souvenez-vous, don Zéno, que blanc ou rouge, vous n'avez pas de meilleur ami que moi.
—De cela, je suis convaincu, Diogo; cependant je vous avoue que je suis fort intrigué sur votre compte; si quelque jour vous me racontez votre histoire, je m'attends à entendre des choses merveilleuses.
—Et terribles aussi, don Zéno. Cette histoire—prenez patience encore quelque temps—je m'engage à vous la raconter, et elle vous intéressera beaucoup plus que vous ne le supposez.
—C'est possible; mais, en attendant, songeons à notre affaire.
—Rapportez-vous-en à moi; il faut que je vous quitte.
—Déjà... A peine avons-nous eu le temps d'échanger quelques mots.
—J'ai une longue course à faire, vous le savez.