Tyro ne répondit pas, occupé à tout préparer pour le déjeuner de son maître; absorbé en apparence par cette grave occupation, il feignit de ne pas entendre ces paroles par trop significatives.
—Voilà qui est fait, mi amo, dit-il, mangez et buvez, il est bon de prendre des forces; on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve, et il faut être préparé à tous les événements.
Le peintre le regarda un instant avec attention.
—Allons, dit-il, en s'asseyant sur un équipal devant la table, tu machines quelque chose.
Le Guaranis se mit à rire malicieusement.
—Ah! fit-il au bout d'un instant, vous savez, mi amo, que l'engagement de nos deux compagnons est fini d'hier.
—Quels compagnons et quel engagement? répondit le jeune homme la bouche pleine.
—Eh! Mais celui de Mataseis et de son digne acolyte Sacatripas.
—Bon, qu'est-ce que cela me fait? Ces drôles ont été payés d'avance, je ne leur dois donc rien.
—Pardon, mi amo, vous leur devez deux mois.