—De grand cœur, caballero, cependant je voudrais qu'il me fût permis de voir ces dames sans retard.

—Je vous conduirai moi-même près d'elles, señor capitaine, aussitôt que vous aurez pris quelques rafraîchissements.

Le capitaine s'inclina; une plus longue insistance aurait été de mauvais goût.

Don Pablo sortit alors de la salle avec ses hôtes et ses plus intimes officiers; en passant près du peintre français, il ne lui dit pas un mot, mais il lui lança un regard sardonique accompagné d'un sourire qui donna fort à réfléchir au jeune homme.

—Hum, murmura-t-il à part lui, tout cela n'est pas clair, je crois qu'il me faut plus que jamais veiller sur ces deux pauvres dames; don Pablo a trop facilement consenti à les laisser partir.

Et il quitta la salle en hochant la tête à plusieurs reprises.


[XVIII]

LE TOLDO

En quittant la salle de réception, Émile Gagnepain s'était dirigé vers le toldo habité par la marquise de Castelmelhor et sa fille; en agissant ainsi, le jeune homme obéissait à un pressentiment qui lui disait que, dans ce qui s'était passé devant lui, une sombre comédie avait été jouée par don Pablo, et que la facilité avec laquelle il avait consenti à laisser partir ses captives cachait une perfidie.