—Je crains, au contraire, señorita, de faire entrer dans votre cœur un espoir qui ne se réalisera pas.
—Que voulez-vous dire? Parlez, señor, au nom du ciel! interrompit vivement la marquise.
—Ce matin, madame, plusieurs étrangers sont entrés à Casa-Trama.
—Je le sais, caballero; c'est à cette circonstance que je dois de ne pas avoir près de moi le garde du corps en courette qu'on a jugé convenable de me donner, c'est-à-dire la sœur du señor don Pablo Pincheyra.
—Connaissez-vous ces étrangers, madame?
—Votre question a lieu de me surprendre, caballero. Depuis mon arrivée ici, vous savez que c'est à peine s'il m'a été permis de faire quelques pas hors de cette misérable choza.
—Excusez-moi, madame; je vais mieux préciser ma question: avez-vous entendu parler d'un certain don Sebastiao Vianna?
—Oui, oui! s'écria doña Eva en joignant les mains avec joie; don Sebastiao est un des aides de camp de mon père.
Le visage du jeune homme s'assombrit.
—Ainsi, vous êtes sûre de le connaître? reprit-il.