—Avertis les Gauchos que, probablement, nous partons aujourd'hui; prépare tout pour que nous soyons en mesure.

—Nous partons?

—Je l'espère.

—Oh! Alors, tout n'est pas encore perdu.

Ils entrèrent dans le toldo, il était désert, don Santiago n'avait pas encore paru.

Tandis que Tyro allait avertir les Gauchos de lacer et de seller leurs chevaux et de ramener les mules de charge du corral, le jeune homme se mit avec une rapidité fébrile à faire ses préparatifs.

Aussi, lorsque une demi-heure plus tard, don Santiago entra dans le toldo, le regard soupçonneux qu'il jeta autour de lui ne lui révéla aucun indice qui pût lui faire soupçonner que le Français ne s'était pas mis à la besogne aussitôt après l'avoir quitté.

—Ah, ah! fit le jeune homme en le voyant, soyez le bienvenu, don Santiago, surtout si vous m'apportez mon sauf-conduit.

—Je vous l'apporte, répondit laconiquement don Santiago.

—Pardieu! Il faut avouer que vous êtes un ami précieux; don Pablo n'a pas fait de difficultés?