—Señor don Zéno Cabral, répondit le comte, l'histoire qu'il vous plaît de nous conter est fort bien imaginée, bien que nous doutions beaucoup de la réalité de votre dévouement pour ces dames; comme elles nous sont à peu près inconnues, et que, ainsi que vous nous l'avez annoncé, cette affaire vous est entièrement personnelle, nous ne nous reconnaissons pas le droit de l'approfondir; en conséquence, mes compagnons et moi, nous acceptons vos conditions, qui, nous le constatons, sont réellement fort douces. Nous vous donnons notre parole d'honneur de remplir exactement l'engagement que nous prenons vis-à-vis de vous, sans y être aucunement contraints par la force.

—Nous donnons notre parole d'honneur, ainsi que notre noble ami le comte de Mendoza, dirent ensemble le capitaine et le colonel.

—Et maintenant, ajouta don Luis Ortega, quand serons-nous libres?

—A l'instant, caballeros.

—Et nous partirons?

—Au lever du soleil, de façon à être demain, dans la matinée, à Casa-Trama; maintenant, disposez de moi, señores, je ne suis plus que votre hôte.

Nous avons rapporté plus haut de quelle façon le comte et les personnes qui l'accompagnaient avaient été reçues par les Pincheyras.

[Renvoi 1] Dans un précédent ouvrage, Le grand Chef des Aucas, j'ai expliqué ce que c'est que cette boisson qui, dans l'Amérique du Sud, remplace le thé, et est fort prisée des habitants blancs et indiens. G. AIMARD

[Renvoi 2] Voir le Grand Chef des Aucas. 2 vol. in-12 Amyot, éditeur.