—Maître, je les ai vus.
—Alors, bon voyage! Dieu veuille qu'ils ne soient pas repris.
—Ne craignez-vous pas que cette fuite ne vous soit préjudiciable?
—A moi? Pour quelle raison? s'écria-t-il avec surprise.
—Ne vous avait-on pas indirectement impliqué dans leur affaire?
—C'est vrai, mais je crois que je n'ai rien à craindre maintenant, et que les soupçons qui s'étaient élevés contre moi sont complètement dissipés.
—Tant mieux, maître; cependant, s'il m'est permis de vous donner un conseil croyez-moi, soyez prudent.
—Voyons, parle avec franchise; j'aperçois derrière tes circonlocutions indiennes une pensée sérieuse qui t'obsède et dont tu voudrais me faire part; le respect ou je ne sais quelle crainte que je ne puis comprendre, t'empêche seul de t'expliquer.
—Puisque vous l'exigez, maître, je m'expliquerai d'autant plus que le temps presse; la fuite des deux officiers espagnols a réveillé les soupçons qui n'étaient qu'assoupis; bien plus, on vous accuse de les avoir encouragés dans leur projet de fuite et de leur avoir procuré les moyens de l'accomplir.
—Moi! Mais ce n'est pas possible, je ne les ai pas vus une seule fois depuis leur arrestation.