—A peu près, répondit le général, qui, au fond, ne comprenait pas du tout, mais ne voulait pas le paraître; cependant, je ne vois pas...

—C'est pourtant fort simple, mon cher général; c'est justement par son amour que nous le tenons.

—C'est-à-dire...

—C'est-à-dire que s'est en sachant à propos exciter cet amour que nous parviendrons au résultat que nous voulons obtenir.

—Pour le coup, je ne vous comprends plus, monsieur le duc; cet amour n'a pas besoin d'être excité, j'imagine.

—L'amour, non peut-être, répondit en riant le Français; mais la jalousie tout au moins; quant à cela, laissez-moi faire, je me suis mis en tête que vous réussiriez, et cela sera.

—Je vous remercie, mon cher duc, de cet appui qu'il vous plaît de me donner; mais ne serait-il pas convenable que vous me missiez au courant de vos projets, de cette façon je pourrais, au besoin, vous venir en aide, au lieu que, si je demeure dans l'ignorance où je me trouve en ce moment, peut-être arrivera-t-il que, sans le savoir, je vous contrecarrerai.

—Vous avez raison, général; d'ailleurs, je n'ai aucun motif de vous faire mystère des moyens que je compte employer, puisque c'est de vous seul qu'il s'agit dans tout ceci.

—En effet, je vous serai donc fort obligé de vous expliquer, mon cher duc.

—Soit.