C’étaient ces caresses qui lui avaient fait reprendre connaissance.
Il remercia chaleureusement ces bonnes et intelligentes bêtes.
Puis il se mit sur son séant et essaya de se lever. Il réussit, mais à grand’peine ; ses jambes flageolaient et se dérobaient sous lui.
Cependant, en s’appuyant sur mon ami Pierrot et se soutenant à tous les meubles, il réussit à allumer une lanterne (il en avait fabriqué une demi-douzaine) ; puis il atteignit à grand’peine sa pharmacie, et se prépara quelques boissons rafraîchissantes, qu’il plaça sur sa table de nuit.
Après avoir donné à manger à ses animaux, il se recoucha. Ses volières et sa basse-cour étaient munies de grains pour plusieurs jours.
A peine couché, et sous la pression d’une fièvre brûlante, il tomba dans un sommeil profond.
Quand il s’éveilla, il était en sueur ; sa faiblesse était extrême.
Il tenta en vain de se lever et ne put y réussir.
Cinq jours s’écoulèrent ainsi. Il était en proie à un délire constant.
Le sixième jour, un ouragan terrible se déchaîna ; le vent faisait rage, il sifflait avec des plaintes presque humaines ; la pluie fouettait le sol ; les roulements continus du tonnerre, les éclairs verdâtres qui se succédaient, augmentaient encore la fièvre du malade. Il avait des hallucinations et parlait d’une voix métallique à des êtres créés par son imagination en délire, et que seul il voyait.