Au milieu des mille bruits de la tempête un cri avait frappé leur oreille.

Ce cri était un appel suprême, cri d'agonie strident et prolongé, comme l'homme fort vaincu par la fatalité en trouve lorsqu'il est contraint d'avouer son impuissance, que tout lui manque à la fois et qu'il n'a plus d'autre recours que Dieu. Les deux hommes se penchèrent vivement en avant, et plaçant leurs mains à leur bouche en forme d'entonnoir, ils poussèrent à leur tour un cri aigu et prolongé.

Puis ils écoutèrent.

Au bout d'une minute, un second cri plus perçant, plus désespéré que le premier traversa l'espace.

—Oh! s'écria Bon-Affût, en se haussant sur ses étriers et en serrant les poings avec douleur, cet homme est en danger de mort.

—Quel qu'il soit il faut le sauver, répondit résolument Balle-Franche.

Ils s'étaient compris.

Mais comment sauver cet homme! Où était-il? Quel danger le menaçait? Qui pouvait répondre à ces questions qu'ils s'adressaient mentalement?

Là se dressait l'impossible.

Au risque d'être emportés par les eaux, les chasseurs contraignirent leurs chevaux à entrer dans la rivière, et presque couchés sur le cou des nobles bêtes épouvantées, ils interrogèrent les flots.