—Le chef retourne dans son village? demanda timidement l'Églantine.
L'Indien sourit d'un air fin.
—Tout n'est pas fini encore, répondit-il, l'Aigle-Volant veillera sur ses amis.
La jeune femme baissa la tête, et voyant que l'Indien s'était assis, elle se prépara à allumer le feu du campement. Le chef l'arrêta d'un geste.
—L'Aigle-Volant ne veut pas être découvert, reprit-il; que ma sœur prenne place à ses côtés, et qu'elle attende; un ami est en péril à cette heure.
En ce moment il se fit, non loin de l'endroit où les deux peaux-rouges étaient arrêtés, un grand bruit de branches cassées et froissées dans le taillis.
L'Indien prêta attentivement l'oreille pendant quelques minutes, le corps penché vers le sol.
—L'Aigle-Volant revient, dit-il en se relevant.
—L'Églantine l'attendra, répondit la jeune femme en lui jetant un doux regard.
Le chef déposa auprès de sa compagne les armes qui auraient pu le gêner dans l'exécution du projet qu'il méditait; il ne garda que sa reata qu'il leva avec soin dans sa main droite, et se dirigea à pas de loup dans la direction du bruit qu'il avait entendu et qui de seconde en seconde se faisait plus fort.