A cette proposition du chef indien, le rouge de l'indignation empourpra le visage du chasseur.
—Non, s'écria-t-il avec véhémence, je n'ajouterai pas une lâcheté à ma faute; je saurai subir les conséquences de mon action, tant pis pour moi; je vous remercie, chef; votre proposition part d'un bon cœur, mais je ne puis l'accepter.
—Mon frère est le maître.
—Hâtons-nous, s'écria le chasseur, nous n'avons perdu que trop de temps; Dieu sait quelles peuvent être les conséquences de mon action et les malheurs qui peut-être en découleront. S'il m'est impossible de les prévenir, il est de mon devoir de faire tout pour en amoindrir la portée; venez, chef, suivez-moi, rendons-nous au camp sans plus tarder.
En prononçant ces paroles, le chasseur se leva avec une impatience fébrile.
—Je suis sans armes, reprit-il, le misérable me les a enlevées.
—Que mon frère ne se chagrine pas pour cela, répondit l'Indien, il trouvera au camp les armes nécessaires.
—C'est vrai; allons retrouver mon cheval que j'ai laissé à quelques pas.
L'Indien l'arrêta.
—C'est inutile, dit-il.